Histoire de l’AFGSU : création, marché et réforme

L'histoire de l'AFGSU prend racine dans les années 2000, période marquée par plusieurs crises sanitaires majeures en France.

Avant 2006, la formation aux gestes d'urgence pour les personnels de santé n'était pas standardisée à l'échelle nationale. Chaque établissement ou institution proposait ses propres formations, créant des disparités importantes dans les compétences et les pratiques.

Les attentats terroristes des années 2000, la canicule de 2003 et les menaces pandémiques ont mis en lumière la nécessité d'harmoniser les formations et de développer une culture commune de l'urgence médicale parmi tous les professionnels de santé.

Histoire de l’AFGSU et évolutions

Les formations précurseurs

Avant l'AFGSU, plusieurs dispositifs coexistaient sans véritable cohérence nationale :

  • L'AFPS (Attestation de Formation aux Premiers Secours), destinée au grand public
  • Les formations spécifiques pour les urgentistes et le personnel du SAMU
  • Des modules disparates intégrés dans les cursus de formation initiale des soignants

Ces formations, bien que utiles, ne répondaient pas au besoin d'une approche systématique et uniformisée pour l'ensemble des acteurs du système de santé.

La naissance officielle de l'AFGSU

La création officielle de l'AFGSU date de 2006, avec la publication de l'arrêté du 3 mars 2006. Ce texte fondateur a marqué un tournant dans l'approche française de la formation à l'urgence médicale pour les professionnels de santé.

Cette attestation a été conçue pour répondre à plusieurs objectifs :

  • Standardiser les compétences en soins d'urgence
  • Développer une culture commune de l'urgence
  • Améliorer la réponse collective face aux situations exceptionnelles
  • Renforcer la sécurité des patients et des soignants

L'AFGSU s'est structurée dès l'origine autour de deux niveaux principaux, complétés ultérieurement par des modules spécialisés.

L'évolution réglementaire et législative

Depuis sa création, l'AFGSU a connu plusieurs évolutions majeures :

2006-2010 : Phase d'implantation

  • Mise en place progressive dans les établissements de santé
  • Déploiement des Centres d'Enseignement des Soins d'Urgence (CESU)
  • Intégration dans les cursus de formation des professionnels de santé

2010-2014 : Consolidation

2014-2019 : Refonte et modernisation
L'arrêté du 30 décembre 2014 a constitué une réforme majeure, remplaçant le texte de 2006. Cette refonte a permis d'actualiser les contenus et de mieux définir le cadre des formations, notamment en ajoutant des modules spécifiques pour les situations sanitaires exceptionnelles.

2019-2022 : Adaptation aux nouveaux risques
L'arrêté du 1er juillet 2019 a modifié celui de 2014 pour actualiser les modules et les durées des formations, tenant compte des retours d'expérience des attentats et des crises sanitaires récentes.

2022-2025 : Flexibilité et accessibilité
L'arrêté du 28 octobre 2022 a introduit des mesures d'adaptation temporaires, notamment pour faciliter l'accès à la formation par validation des acquis de l'expérience (VAE).

secteur de la formation AFGSU

Estimation du volume annuel du marché de la formation AFGSU 

Un marché de plus de 1,6 million de professionnels. En tenant compte des effectifs en activité dans les principales professions médicales et paramédicales (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens, manipulateurs radio, etc.), le marché potentiel de la formation AFGSU 2 dépasse les 1,6 million de personnes, sans compter les milliers de recyclages obligatoires à effectuer tous les 4 ans.

En additionnant les effectifs connus des principales professions médicales et paramédicales (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens, manipulateurs radio, etc.), on atteint plus de 1,6 million de professionnels en activité en France au 1er janvier 2023, tous directement concernés par l’obligation de formation AFGSU 2.

Notez que ce chiffre n’inclut pas l’AFGSU de niveau 1, qui reste une formation non obligatoire. Elle s’adresse à un public plus large (personnels non soignants, médico-sociaux, agents administratifs…) et ne fait pas l’objet des mêmes obligations réglementaires.

Les chiffres présentés constituent une estimation basée sur des données publiques et n'ont aucune valeur officielle. Ces projections peuvent différer significativement des volumes réels. Pour des données officielles, s'adresser aux CESU, DREES.

1 672 500
Total des professionnels
15
Professions recensées
38%
Infirmiers (1ère profession)
Profession Effectif Répartition Proportion
Infirmiers 637 000 TRÈS ÉLEVÉ 38.1%
Aides-soignants 423 500 ÉLEVÉ 25.3%
Médecins (généralistes + spécialistes) 230 000 ÉLEVÉ 13.7%
Masseurs-kinésithérapeutes 91 000 MOYEN 5.4%
Pharmaciens 73 000 MOYEN 4.4%
Chirurgiens-dentistes 45 000 MOYEN 2.7%
Opticiens-lunetiers 42 000 MOYEN 2.5%
Manipulateurs en électroradiologie médicale 31 000 FAIBLE 1.9%
Sages-femmes 24 000 FAIBLE 1.4%
Orthophonistes 24 000 FAIBLE 1.4%
Pédicures-podologues 14 000 FAIBLE 0.8%
Ergothérapeutes 14 000 FAIBLE 0.8%
Psychomotriciens 14 000 FAIBLE 0.8%
Orthoptistes 6 000 FAIBLE 0.4%
Audioprothésistes 4 000 FAIBLE 0.2%
TOTAL 1 672 500 ENSEMBLE 100.0%

Sources : 

Les acteurs clés du développement de l'AFGSU

L'essor de l'AFGSU résulte de l'implication coordonnée de multiples acteurs :

Les institutions nationales

Les organismes de formation

  • Les CESU, principaux opérateurs de formation
  • Les écoles et instituts de formation aux professions de santé
  • Les associations agréées de secourisme

La communauté médicale, les sociétés savantes de médecine d'urgence et les professionnels des SAMU et SMUR

Cet écosystème a permis de faire évoluer l'AFGSU de manière coordonnée, en l'adaptant aux besoins réels du terrain et aux évolutions des risques sanitaires.

L'AFGSU aujourd'hui : un dispositif mature

L'AFGSU s'est imposée comme une certification incontournable dans le paysage sanitaire français. Plus qu'une simple formation aux gestes d'urgence, elle constitue désormais :

  • Un prérequis réglementaire pour de nombreuses professions de santé
  • Un socle commun de compétences facilitant les collaborations interprofessionnelles
  • Un vecteur de diffusion des bonnes pratiques et des protocoles actualisés
  • Un outil de préparation aux crises sanitaires exceptionnelles

La force du dispositif réside dans sa gouvernance partagée entre autorités sanitaires, experts de terrain et formateurs, permettant une actualisation régulière des contenus.

Des défis persistants

Malgré son succès, l'AFGSU fait face à plusieurs défis :

  • Le renouvellement de l'attestation tous les quatre ans, parfois difficile à organiser
  • L'adaptation aux nouvelles technologies de formation (simulation, réalité virtuelle)
  • La prise en compte des spécificités de certains publics, notamment les professionnels en situation de handicap

Ces défis illustrent la nature évolutive d'un dispositif qui doit s'adapter en permanence aux transformations du système de santé et aux nouvelles menaces.

Évolutions récentes et futures de l'AFGSU

Évolutions récentes et futures de l'AFGSU

Les récentes évolutions de l'AFGSU témoignent d'une volonté d'adaptation constante aux besoins du terrain:

  • L'intégration progressive de méthodes pédagogiques innovantes
  • Le développement de supports numériques facilitant l'apprentissage et la formation continue
  • L'adaptation des contenus aux retours d'expérience issus des crises sanitaires récentes, conformément aux recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique
  • L'introduction de modules d'évaluation par compétences plutôt que par connaissances théoriques, suivant les principes de l'arrêté du 1er juillet 2019
  • La modularisation accrue permettant des parcours personnalisés selon les profils professionnels
  • Le renforcement des aspects psycho-comportementaux dans la gestion de l'urgence, intégrés dans les référentiels nationaux de formation

Préparation aux situations sanitaires exceptionnelles

La circulaire du 10 juin 2010 a posé les jalons d'une préparation renforcée aux crises majeures, orientation confirmée et amplifiée par les réformes ultérieures:

  • Renforcement des modules spécifiques aux situations d'attentats multisites, précisés dans le décret n° 2021-469 du 19 avril 2021
  • Développement de compétences relatives à la gestion des risques NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques)
  • Intégration des retours d'expérience des pandémies dans les contenus pédagogiques
  • Actualisation des protocoles de damage control adaptés aux contextes civils, détaillés dans les recommandations de la SFMU
  • Formation aux techniques de communication de crise et à la gestion du stress collectif
  • Coordination avec les dispositifs ORSEC et les plans blancs hospitaliers, conformément au Code de la santé publique, article L3131-11

Perspectives d'évolution à moyen terme

Les orientations ministérielles actuelles laissent entrevoir plusieurs axes de développement:

  • L'intégration plus poussée des nouvelles technologies (réalité virtuelle, applications mobiles dédiées)
  • Le développement de passerelles entre les différents types de formations aux premiers secours, comme préconisé dans la stratégie nationale de santé 2023-2028
  • La mise en place de systèmes de certification continue des compétences via des plateformes numériques
  • La valorisation des formateurs par un statut renforcé et des parcours de développement professionnel
  • L'articulation plus fluide entre formation initiale et formation continue, selon les principes de l'arrêté du 28 octobre 2022

La proposition de loi 2025: une transformation structurelle

La proposition de loi n°1229 qui sera débattue à l'Assemblée Nationale à partir du 15 mai 2025 introduit des changements majeurs:

  • Extension du périmètre de formation aux salariés non-soignants dans tous les secteurs d'activité, telle que définie dans l'article 2 du projet
  • Création d'obligations nouvelles pour les employeurs concernant la formation aux gestes qui sauvent, détaillées dans l'article 4 du projet
  • Définition d'un socle minimal de compétences universelles en secourisme pour tout citoyen
  • Instauration d'un système de suivi national des personnes formées, conformément à l'article 7 du projet de loi
  • Mise en place de dispositifs fiscaux incitatifs pour les entreprises mettant en œuvre des programmes de formation ambitieux, précisés dans l'étude d'impact législatif
  • Renforcement du rôle des formateurs AFGSU comme acteurs de santé publique

La mise en œuvre de ces évolutions s'appuie sur un cadre réglementaire précis:

  • Périodicité des recyclages maintenue à 4 ans avec possibilité d'actualisation intermédiaire, selon les dispositions du Code du travail, article L4121-1
  • Création d'une plateforme numérique nationale de suivi des certifications, prévue par décret d'application à paraître
  • Développement d'un référentiel commun aux différentes formations de secourisme
  • Harmonisation des pratiques pédagogiques entre les différents organismes de formation, sous l'égide du Conseil National des Secours et Soins d'Urgence
  • Renforcement des contrôles qualité et des évaluations des formations dispensées
  • Mise en place d'indicateurs de performance pour mesurer l'impact sociétal de ces formations, dans le cadre de la loi de santé publique 2023-2028

Ces transformations de l'AFGSU s'inscrivent dans une stratégie globale de renforcement de la résilience sanitaire nationale, conçue comme un facteur déterminant de santé publique et de sécurité civile.

Malgré nos efforts constants pour fournir des ressources précises et actualisées, des omissions ou erreurs peuvent subsister malgré notre vigilance. En cas de doute, n'hésitez pas à nous contacter pour correction. Merci. L'équipe Guide-AFGSU.fr

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