La position latérale de sécurité (PLS) fait partie des gestes essentiels que tout soignant doit savoir réaliser, bien au-delà de la simple formation AFGSU.
La PLS (position latérale de sécurité) consiste à placer une personne inconsciente qui respire normalement sur le côté, dans une position stable et sécurisée. Cette manœuvre de positionnement maintient les voies respiratoires libres en empêchant la langue de chuter vers l'arrière et permet l'évacuation naturelle des sécrétions ou vomissements vers l'extérieur.

La position latérale de sécurité : pourquoi est-elle vitale ?
Laisser une victime inconsciente allongée sur le dos (décubitus dorsal) présente des risques majeurs pour la survie.
En cas d’inconscience, les muscles se relâchent totalement, y compris ceux qui maintiennent la langue et l’épiglotte. Cela peut entraîner une obstruction totale ou partielle des voies respiratoires.
La position latérale est-elle la plus sûre ?
La position latérale est effectivement la plus sûre, parce qu’elle protège la respiration de la victime, voici comment :
- Elle permet de laisser s’écouler naturellement les liquides (salive, vomissements) hors de la bouche,
- Elle empêche la langue de bloquer la gorge,
- Elle permet de maintenir la victime stable jusqu’à l’arrivée des secours.
Les principaux risques en cas d’absence de PLS
1. Obstruction des voies aériennes par la langue
Chez une personne inconsciente, les muscles se relâchent. La langue, non maintenue, peut chuter vers l’arrière et obstruer le pharynx.
➡️ Cela bloque l’entrée de l’air dans les poumons.
➡️ Conséquence : hypoxie rapide, voire arrêt respiratoire.
2. Fausse route par inhalation de vomissures ou de salive
Un réflexe de vomissement peut survenir même inconscient. Si la victime est sur le dos :
➡️ Le contenu gastrique peut refluer et passer dans la trachée (fausse route).
➡️ Cela provoque une asphyxie immédiate, voire une bronchoaspiration (liquide dans les poumons).
➡️ Risque d’infection pulmonaire, de détresse respiratoire aiguë ou d’arrêt cardiaque.
3. Accumulation de sécrétions dans l'oropharynx
Sans déglutition ni toux efficace, les sécrétions (salive, sang, mucus, vomissements) s’accumulent dans la bouche ou la gorge.
➡️ Elles peuvent obstruer progressivement les voies aériennes.
➡️ Danger : suffocation lente ou irritation pulmonaire si aspirées.
4. Aggravation de l’hypoxie, pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardiaque
L’obstruction partielle ou totale de la ventilation entraîne une baisse de l’oxygénation sanguine.
➡️ Le cerveau et le cœur sont très sensibles à cette baisse.
➡️ Conséquence possible : arrêt cardiaque
Les étapes de la position latérale de sécurité : Technique standardisée
La position latérale de sécurité (PLS) fait partie intégrante de la chaîne de survie. Elle permet de protéger les voies respiratoires d’une victime inconsciente qui respire encore, en attendant l’arrivée des secours.
Avant de mettre une victime en PLS, il convient de vérifier systématiquement plusieurs points.
- Sécurité de la zone : assurez-vous que l’environnement ne présente aucun danger, ni pour vous ni pour la victime (circulation, incendie, électricité, etc.).
- État de conscience : parlez-lui fort (« Vous m’entendez ? ») et stimulez-la physiquement (secouez doucement les épaules).
➜ Aucune réponse = perte de conscience. - Respiration normale : observez pendant 10 secondes (thorax qui se soulève, souffle audible ou perceptible).
➜ Si la respiration est présente et régulière, la PLS est indiquée. - Signes de traumatisme : en cas de traumatisme suspecté, évitez de bouger la victime, sauf en cas de vomissements.
- Grossesse : si la victime est une femme enceinte à partir du 2ᵉ trimestre, il est préférable de la placer sur le côté gauche pour ne pas comprimer la veine cave.
La mise en oeuvre de la PLS
La mise en œuvre de la PLS suit un protocole précis, fruit de décennies d'expérience en secourisme. Avant toute manipulation, deux vérifications s'imposent : confirmer l'état d'inconscience par stimulation verbale et tactile, puis s'assurer de la présence d'une respiration normale.
- Préparation de la victime : retirez les lunettes si nécessaire, rapprochez les jambes. Placez le bras situé de votre côté à angle droit, coude fléchi à 90°, paume vers le haut.
- Positionnement des mains : Saisissez l’avant-bras opposé et placez le dos de la main de la victime contre son oreille, côté secouriste, paume contre paume. Avec l’autre main, attrapez la jambe opposée derrière le genou.
- Basculement contrôlé : tirez délicatement sur la jambe pliée jusqu'à ce que le genou touche le sol, accompagnez le mouvement tout en soutenant la tête et le cou.
- Position finale : ajustez la jambe supérieure à angle droit, ouvrez la bouche sans mobiliser la tête pour permettre l’écoulement des sécrétions.
Questions à poser avant la PLS
Voici une liste des questions à poser à la victime avant de l’installer en PLS :
- « Vous m’entendez ? »
- « Ouvrez les yeux ! »
- « Serrez-moi la main ! »
- (aux témoins) « Que s’est-il passé ? »
- (aux témoins) « Depuis combien de temps est-elle dans cet état ? »
- (aux témoins) « A-t-elle perdu connaissance soudainement ? »
- « Le lieu est-il sécurisé pour moi et pour elle ? »
- « Est-ce qu’elle respire normalement ? » (écoute et observation pendant 10 secondes).
Après la PLS
Après la mise en PLS, il est capital d’assurer la sécurité et d’alerter grâce à diverses questions et actions:
- (au 15 ou 112) : indiquez de manière précise votre position (adresse exacte, point de repère)
- (aux témoins ou proches) : « Avez-vous des informations médicales sur elle ? Allergies ? Traitements ? Pathologies connues ? ».
Avant toute action, deux vérifications sont nécessaires :
- Vérifier l’absence de réaction de la victime (par stimulation verbale et tactile).
- S’assurer que la respiration est présente et normale (observation du thorax, écoute des bruits respiratoires, perception du souffle).
Pourquoi ne faut-il jamais laisser une victime inconsciente sur le dos ?
Parce qu’en position allongée sur le dos, une personne inconsciente risque de : s’asphyxier par obstruction des voies aériennes, voir sa langue tomber en arrière et bloquer sa gorge, inhaler des liquides (salive, vomi) qui s’accumulent dans la bouche ou le pharynx.
La placer sur le côté (PLS) permet de libérer naturellement les voies respiratoires et de réduire considérablement le risque d’étouffement.
Faut-il incliner la tête vers l’arrière une fois la victime en PLS ?
Non. Une fois la victime installée en PLS :
- la tête est naturellement positionnée vers l’arrière grâce à l’appui de la main sous la joue,
- cette position permet une bonne ouverture des voies aériennes,
- il est inutile et risqué de tirer davantage sur le cou ; il suffit d’éviter que la tête ne retombe vers l’avant.
Source vidéo PLS : Comment mettre une victime en PLS ? Sdis Isère - Sdis 38
Questions/Réponses sur la position latérale de sécurité
Faut-il incliner la tête vers l’arrière une fois la victime en PLS ?
Non. Une fois la victime installée en PLS la tête est naturellement positionnée vers l’arrière grâce à l’appui de la main sous la joue. Cette position permet une bonne ouverture des voies aériennes, il est donc inutile et risqué de tirer davantage sur le cou.
Quel côté choisir pour mettre en place la position latérale de sécurité ?
Dans la plupart des situations, le choix entre côté gauche ou droit dépend de considérations pratiques : configuration des lieux, position initiale de la victime, facilité d'exécution pour le secouriste.
De quel côté mettre la femme enceinte en PLS ?
Chez la femme enceinte (surtout au 3ᵉ trimestre), le côté gauche est privilégié.
Cela évite la compression de la veine cave inférieure (située à droite) par l’utérus, ce qui favorise un meilleur retour veineux et donc une meilleure oxygénation pour la mère et l’enfant.
Quand ne pas pratiquer la PLS ?
Si la victime ne respire plus ou présente une respiration anormale (gaspes, pauses, bruits irréguliers) : commencer une réanimation cardio-pulmonaire immédiatement.
Si vous suspectez un traumatisme de la colonne vertébrale : ne bougez pas la victime sauf en cas d'urgence vitale (vomissements, etc.). Maintenez-la sur le dos avec un alignement neutre et appelez les secours en surveillant sa respiration.
La PLS est-elle dangereuse ?
Non, la PLS bien réalisée n’est pas dangereuse. C’est un geste simple, sûr et vital, enseigné dans toutes les formations de secourisme. Elle ne présente pas de risque si elle est faite sur une victime inconsciente qui respire et sauve de nombreuses vies en prévenant l’asphyxie.
(Depuis les recommandations de 2022, lorsqu’un traumatisme sérieux est suspecté, on privilégie le maintien sur le dos avec protection du rachis, et la PLS classique n’est effectuée qu’en cas de nécessité d’ouverture des voies aériennes.) Source : secourirensemble.fr
La PLS peut-elle être mise en place chez un enfant ou un nourrisson ?
La position latérale de sécurité (PLS) peut être utilisée chez l’enfant et chez le nourrisson, mais avec des adaptations importantes selon l’âge :
- Chez l’enfant (plus de 1 an) on peut utiliser la PLS classique, quasiment de la même manière que chez l’adulte. Les principes sont identiques : placer sur le côté, stabiliser, maintenir les voies respiratoires dégagées. L’enfant étant plus petit et fragile, il faut être plus délicat dans les manipulations.
- Chez le nourrisson (moins de 1 an) la PLS classique n’est pas adaptée car le corps est trop petit et la tête trop lourde par rapport au reste du corps.
On utilise donc une variante, pour cela : placez le nourrisson sur le côté, en position latérale, la tête légèrement inclinée vers le bas. N’hésitez pas à maintenir la position en calant son dos avec une serviette roulée ou en le maintenant dans les bras. N'hésitez pas à regarder cette vidéo par exemple sur " PLS ou Position Latérale de Sécurité Nourrisson " par Nicolas D.
La PLS ne constitue jamais une fin en soi mais une mesure d'attente permettant la prise en charge médicalisée. Elle doit toujours être associée à une surveillance attentive de la respiration.
Sources :
- Croix-Rouge française - Les gestes de premiers secours
- Ministère de la Santé : Prévention et premiers secours
- Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme (FFSS)
